Les premiers Savoyards à payer leurs déchets au poids : C'est Nous !

Dans quelques mois, les habitants de Haute-Combe de Savoie ne paieront plus que pour les ordures ménagères qu’ils auront eux-mêmes produites. LeursAvant le démarrage de l’expérience, début novembre, les bacs sont distribués aux habitants des neuf communes (ici à Grésy-sur-Isère). Ils sont fermés à clé pour éviter les dépôts d’ordures par des “voisins” mauvais payeurs. Et équipés d’une puce électronique pour identifier leur propriétaire. Le DL/Thierry GUILLOT
poubelles, équipées d’une puce électronique afin d’être identifiées, seront pesées à chaque “levée” par le camion. La collecte se faisant ici au porte à porte.

Sur le principe du pollueur-payeur

C’est la communauté de communes de Haute-Combe de Savoie qui est à l’initiative de ce mode de facturation encore unique en Savoie. Sur le principe du pollueur-payeur, l’objectif est de faire baisser la quantité d’ordures ménagères collectées puis incinérées à Chambéry. «?Aujourd’hui, nous “envoyons” 1600 tonnes d’ordures ménagères par an à l’incinérateur. Notre objectif est de descendre à 900 d’ici deux ans?» annonce Xavier Tornier, le président de la communauté de communes. Soit 110 kg par personne au lieu de 230.

Depuis près de quatre ans, les élus et techniciens ont cherché la solution la plus adaptée. Ils se sont inspirés de l’exemple de la communauté d’agglomération du Grand Besançon (120?000 habitants) qui utilise la redevance incitative (au volume). Ils se sont aussi penchés sur des expériences plus rurales, plus proches de la Haute Combe de Savoie. Et ils ont opté pour la redevance incitative au poids. C’est maintenant au tour des habitants, mais aussi des collectivités et des entreprises de se lancer.

Chacun ayant intérêt à faire diminuer la quantité de ses ordures ménagères résiduelles. Une invitation à mieux trier, à acheter des produits sans trop d’emballage mais aussi à composter tout ce qui peut l’être.

Deux difficultés ?: les immeubles et les incivilités

Pas facile surtout lorsqu’on habite en immeuble. C’est l’une des difficultés de l’expérience. La communauté de communes a fait le choix d’équiper chaque foyer, même ceux vivant en habitat collectif, de bacs individuels. Ils devront être stockés dans les caves ou dans les locaux communs des immeubles. Pour aider ces habitants “sans jardin”, une expérience de compostage en pied d’immeuble, comme cela existe déjà à Ugine par exemple, devrait être menée cet automne.

"Pour les collectivités (les restaurants scolaires par exemple) ou les entreprises, il faudra que l’on trouve un exutoire", espère Xavier Tornier, «par exemple avec des unités de méthanisation à la ferme.» L’autre risque de cette redevance, c’est qu’elle “incite” les mauvais payeurs à jeter leurs déchets partout sauf dans leurs poubelles. «Sur les autres territoires, tous les retours d’expérience montrent que durant les deux ou trois premiers mois, les dépôts sauvages ont fleuri. Puis les choses sont rentrées dans l’ordre.» Le président compte sur la responsabilisation de chaque citoyen pour que cette expérience soit une réussite sur le point de vue financier mais aussi environnemental. Et s’il le faut des brigades vertes seront mises en place. En attendant, la communauté de communes a distribué de nouveaux bacs de tri pour parfaire l’équipement des familles. Et le président annonce la couleur?: «?les bacs de tri qui contiendront des ordures ménagères ne seront plus collectés».

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