Eté Jean-Pierre Veyrat

1810 - 2010

« L’Eté Jean Pierre Veyrat »

A Grésy Sur Isère
Bicentenaire de la naissance du poète savoyard et gresylien.
Jean-Pierre Veyrat 1810-1844

Le 150e anniversaire du rattachement de la Savoie à la France risque fort de faire un peu d'ombre à une autre commémoration. Malheureusement car le poète-dramaturge Grésylien Jean-Pierre Veyrat (1810-1844) souffre déjà d'un déficit de notoriété. Sauf auprès des érudits ou de ceux cherchant à savoir d'où vient ce patronyme ornant quelques rues.
À Grésy-sur-Isère, pas question de laisser passer le bicentenaire de la naissance du plus célèbre enfant du village.

 « C'est une année particulière, le village a souhaité se mobiliser pour des événements », souligne le maire, François Gaudin. Cette commémoration est le fruit d'une collaboration entre la bibliothèque et la commune, l'harmonie et son école de musique, et l'association "Grésy action culturelle" (qui prépare ça depuis plus d'un an).
« Pour donner du lustre à ce bicentenaire, nous ne pouvions pas résumer la vie d'un tel homme à un seul événement », insiste Jean-Louis Rosset, président de la Gac. Toute une série de rendez-vous culturels rythmeront donc "L'été Jean-Pierre Veyrat" : des concerts, les journées du patrimoine, des conférences et une exposition (d'abord à la bibliothèque, avant d'être itinérante), sans oublier la mobilisation des élèves de CM1 et CM2 de l'école Cybelle.
« Il a marqué la littérature romantique du XIXe siècle, et ce même s'il a eu la malchance de mourir à 34 ans », souligne Hélène Rosset, qui a monté l'exposition à partir de documents originaux (dont des inédits prêtés par la famille et d'autres trouvés lors de recherches) et de reproductions.

Biographie

Jean-Pierre Veyrat est née le 1er Juillet 1810 à Grésy Sur Isère.

 

Son père, François Veyrat, est devenu un important propriétaire terrien à Grésy et un négociant en tissus et en épices. Douze enfants sont nés de son premier mariage avec Jeanne-Marie Lachenal. Veuf, il se remarie avec Louise Modelon, dont naîtront six enfants. Jean-Pierre est le premier enfant du second lit.

 

Jean-Pierre n’est ni un homme de terre, pas plus qu’il n’a la vocation du négoce. Son père envisage de faire de lui un médecin. Il va donc faire des études classiques, d’abord à Conflans, puis au petit séminaire de St Pierre d’Albigny et au collège des Jésuites de Chambéry.

 

Etudiant à l’école de médecine de Chambéry, il est captivé par le monde des Lettres. Séduit par le courant romantique, il aspire à une autre conception de la société, rejetant les principes de la restauration traditionaliste de 1815. De ce fait, il va se placer au premier rang des « contestataires » de la société chambérienne.

 

En 1832, lors de la prédication d’un père Jésuite à la cathédrale de Chambéry, Jean-Pierre Veyrat et ses amis provoquent un scandale qui dégénère en émeute. Pour échapper à l’arrestation par la police du « Buon Governo », il doit s’exiler en France, hors des états de Sardaigne.

 

Sa première étape d’exil en France est Lyon, puis il rejoint rapidement Paris. Quel que soit son talent, il n’arrive pas à vivre de sa plume. Il tombe malade, peut-être les premiers symptômes du mal qui l’emportera.

 

Il survit, plutôt mal que bien, avec une production de pièces de théâtre et travaille pour des journaux aux idées avancées et non-conformistes.

 

Il s’endette et continue à solliciter les subsides de son père qui s’en irrite et s’en inquiète.

 

La société de Louis-Philippe est résolument tournée vers le développement des affaires et ne laisse plus de place aux poètes idéalistes.

 

Jean-Pierre Veyrat va progressivement entamer une évolution dans ses comportements et dans sa vision du monde. Il se rapproche de la religion, de ses origines et de la terre de Savoie.

 

En Avril 1838, il demande au roi Charles Albert, qu’il assure de son loyalisme, la possibilité de rentrer en Savoie. Cette démarche avait été longuement préparée par sa sœur cadette, Mère Marie Félicité, Supérieure des religieuses de Saint-Joseph. En attendant la décision favorable du roi (en Juillet 1838), Jean-Pierre Veyrat séjourne quelques temps à la Grande Chartreuse.

 

De retour en Savoie, il est de plus en plus miné par la maladie. Il est sans ressource et continue à être poursuivi par ses créanciers. Son père, François Veyrat, est mort en 1836 ; l’aime du premier lit, Claude-Joseph, exécuteur testamentaire, remet à son frère sa modeste part qui ne sera qu’une goutte d’eau dans le trou de ses dettes.

 

Ses anciens amis libéraux l’ont lâché en lui reprochant d’avoir changé de camp. Les conservateurs mettent en doute la sincérité de sa conversion et, malgré la grâce du Roi, continuent à lui provoquer des tracasseries.

 

Et c’est de cette période de sa vie que date la partie la plus marquante de son œuvre. Il participe à la vie littéraire de Chambéry de façon très intense. Il écrit dans la « Revue des Alpes », puis dans « Courrier des Alpes ». Il devient membre de la Société Royale Académique de Savoie dont il a été lauréat. Il écrit ses deux œuvres majeures « La coupe de l’Exil » et « Station Poétique à l’Abbaye de Haute-Combe » qui sont considérées somme reflétant la meilleure expression et la plus caractéristique de son talent.

 

Sa santé décline, il ne reste plus autour de lui qu’une poignée d’amis fidèles. Il fait la connaissance d’Hélène Besson  qui lui donne un fils le 16 Septembre 1843. Le 17 Juin 1844, il épouse Hélène qui l’assiste et le soigne avec dévouement.

 

Le 9 Novembre 1844,  Jean-Pierre Veyrat meurt à Chambéry, entouré de veuve, de quelques amis et des Frères Capucins qui l’ont assisté.

 

Dans son extrême pauvreté, il sera inhumé à la fosse commune. Sur la simple croix de bois qu’on y planta, Alfred Puget, un jeune poète savoyard traça ce distique :

« Les bommes comme toi sont de race immortelle :

Ils n’ont pas besoin de tombeau »

 

Ses principales Œuvres

 

« Italiennes » (1832)

Poésie à thèmes politique contre la monarchie et le régime sarde, publiées à Paris sous le pseudonyme de Camille Saint-Héléna.

 

Théâtre (1836-1838)

Œuvres écrites en collaboration avec MM. Saint Yves et Angel, jouées au Théâtre de la Porte Saint Antoine à Paris :

è Le Maugrabin

è La fille du Danube

è Les Regrets

è Casque en Cuir et Pantalon Garance

è L’Oncle d’Afrique

è Les Commères de Bercy

 

Œuvres poétiques Majeures

è La Coupe de l’Exil (1ère édition en 1840)

è Plusieurs odes ou poèmes adressés à la Famille Royale de Sardaigne (1842-1844)

è Station Poétique à l’Abbaye de Haute-Combe (première livraisons à partir de 1844 – ensemble de l’œuvre parue après son décès)

 

Participation à des publications de presse

è Chroniques dans « L’homme Rouge », souvent en collaboration avec L.A. Berthaud et dans le journal « La Glaneuse » à Lyon (durant son exil en France)

è La Revue des Alpes, puis « Le Courrier des Alpes » (1843 – après le retour de l’exil)

 

Mémoires

è Le solitaire de Saint Saturnin (poème – 1831)

è Raphaël de Montmayeur (roman)

è Novembre ou la Fiancée du Carbonara (drame en prose) 

Programme de « L’Eté Jean-Pierre Veyrat »

 

12 Juin 2010 – 20h30 – Ancienne Eglise « La Belle Endormie »

Concert des Ecoles de Musique de Grésy, de Maurienne et de Tarentaise.

 

Programme de la soirée, qui s'est déroulée dans la bonne humeur et la conviavialité, qui a rassemblé beaucoup de monde :

1- Chronologie de l'histoire de la Savoie de 1800 à 1860 par les crieurs de rue avec les tambours de l'école de musique de Grésy et le crieur, artiste de la Compagnie de Théâtre du Gélohann.

2- Orchestre à cordes du 1er cycle de Bourg Saint Maurice, Moutiers et Modane: Uskudar, The best thing in the life are free, Der Zug 7h30, Night Train, Beginning Blue Grass, Un belle Histoire, Eléonore.

 3- Animation Audio réalisée lors d'un stage de Musique Assistée par Ordinateur sous la Direction de Vincent Comici.

4- Orchestre d'ensemble de l'école de musique traditionnelles Savoyardes: La polka du balai (guitare), Giglione (clarinettes), Brandi de la vésubie (sax), La gingalette (cuivres), Bolegatz vos donc (flûtes)

5- Ensemble vocal de Grésy Sur Isère mis en place pour l'occasion lors d'un stage "chorale" par Vincent Comici avec une adaptation de deux poèmes de Jean-Pierre Veyrat.

 

3 Juillet 2010 – 20h30 – Ancienne Eglise « La Belle Endormie »

Concert par l’ensemble vocal et instrumental « Le Lutrin », sous la direction de Bernard Giniaux. L’ensemble interprétera des arias de cantates de J. S. Bach, des œuvres de H. Purcell, G. Fauré, Ch. Gounod, E. Satie, F. Chopin  et R. Schumann. Des chants religieux russes seront chantés a capella et des poèmes de Jean-Pierre Veyrat seront déclamés.

  • Piano : Anne-Sandrine Durand
  • Violoncelle : Claire Lejeune
  • Orgue positif et Baryton : Bernard Giniaux
  • Soprano : Christiane Giniaux
  • Ténor : Jean-Michel Lejeune
  • Basse : Christian Deville-Cavelin

 

18/19 Septembre 2010 – de 10h à 19h – Ancienne Eglise « La Belle Endormie » - entrée gratuite

Exposition « Jean-Pierre Veyrat » : documents anciens et inédits sur se vie et son œuvre

  • Samedi 18 Septembre : inauguration de l’exposition à 11h, suivie d’un concert par l’Harmonie de Grésy – Exposés sur Jean-Pierre Veyrat à 15h et 17h.
  • Dimanche 19 Septembre : Exposés sur Jean-Pierre Veyrat à 10h30, 14h et 16h. Chorale à 17h30 avec interprétation de poèmes de Jean-Pierre Veyrat.

A partir du 21 Septembre 2010 :

L’exposition se poursuivra à la Bibliothèque J.P Veyrat à Grésy Sur Isère.

Source : Dauphiné Libéré et Programme de l’été Jean Veyrat.

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